L’agriculture urbaine
en quelques mots

Agriculture urbaine et villes jardinées

Nouvelle frontière agraire pour qualifier l’enjeu que représente, pour l’alimentation et la santé des populations urbaines de la planète, la reconquête des liens de proximité entre les villes, la nature et l’agriculture, l’agriculture urbaine s’impose comme une solution.

À l’heure où le nombre de fermes sur le territoire recule, la question de l’agriculture, du statut des métiers agricoles et du lien entre l’agriculture et la ville est fondamentale.
ll faut désormais que la ville et ses initiatives locales consentent à une mutation en profondeur.

“En permettant aux citadins de renforcer la cohésion sociale, de s’adapter au changement climatique, de favoriser l’insertion professionnelle, de se réapproprier l’alimentation et de comprendre l’importance de la production agricole territoriale, l’agriculture urbaine constitue un outil de choix au service de la résilience des villes”

CESE, 12 juin 2019

L'agriculture urbaine : un outil déterminant pour des villes durables., Conseil économique social et environnemental (CESE)

Déclinaisons variées

L’agriculture urbaine (et périurbaine) peut assurer la production alimentaire de légumes, petits fruits, fleurs comestibles, champignons, graines et plantes condimentaires ou médicinales en zone urbanisée ou à la périphérie des villes. Elle peut même s’étendre à l’élevage des animaux (volailles, chèvres, moutons, poissons…), et à la sylviculture (vergers pour la production de fruits à croquer ou la transformation en jus ; forestiers pour la production de bois de feu et l’agroforesterie).

Elle se développe soit en pleine terre lorsque les sols sont de bonne qualité (jardins partagés, potagers urbains collectifs…) – des analyses de la qualité des sols / de l’eau sont systématiquement réalisés pour s’assurer de leur état sanitaire – soit l’agriculture urbaine investit les toits, cours ou pieds d’immeubles, les espaces publics. Elle produit généralement du compost dans son cycle de production afin de recycler les matières et amender les sols.

« Les jardins potagers peuvent être jusqu’à 15 fois plus productifs que les exploitations des zones rurales, explique la FAO.
Une superficie d’un mètre carré peut fournir 20 kg de nourriture par an ». (Futura-Sciences)

L’agriculture, une composante essentielle de la vie à Strasbourg

En 2018, Jean-François Kovar, président-fondateur de l’université populaire de la Krutenau et professeur d’histoire des religions, introduit la séance de table-rondes portant sur l’agriculture urbaine et nous dresse un panorama de l’agriculture urbaine à Strasbourg depuis des siècles.

Du Moyen-Âge à l’époque actuelle, la culture des légumes, fruits, fleurs et céréales et la pêche sont longtemps restés dans le maillage urbain de Strasbourg. Bien évidemment, les échanges de vivres avec la campagne environnante batent leur plein, pour subvenir aux besoins des citadins. De Koenigshoffen à la Robertsau, en passant par la Krutenau et le Neuhof, l’activité agricole était relativement importante. Puis, au début du XXème siècle, un vaste chantier de création de jardins ouvriers permet à des personnes aux revenus modestes d’accédre à un lopin de terre pour y cultiver des légumes.

Aujourd’hui, Strasbourg compte plus 4 800 jardins familiaux sur une superficie de 162 ha dont un tiers est gérée par des associations, auxquels s’ajoutent des jardins partagés et potagers urbains collectifs. Découvrez cette histoire des jardins passionnante en cliquant que l’image ci-contre !

L'agricutlure urbaine à Strasbourg
Des bénéfices immédiats

Selon l’ AFAUP, de par sa multiplicité de formes, elle apporte des réponses concrètes aux multiples problématiques qui apparaissent dans les villes d’aujourd’hui (…). L’agriculture urbaine permet notamment de :

  • reconnecter les citoyens au vivant (jardiner responsable, lien à la terre et au vivant)
  • créer du lien social
  • améliorer l’alimentation et l’autonomie alimentaire des villes
  • recycler les déchets, l’air, l’eau (réduire les émissions de GES, composter…)
  • redonner vie aux délaissés urbains
  • valoriser le foncier.

Les acteurs de l’agriculture urbaine française, héritiers des maraîchers franciliens du XIXème siècle, se nourrissent des nombreuses innovations sociales et techniques récentes. Enfin, l’agriculture urbaine génère des emplois en tout point, de la production à la commercialisation des produits.


Diver(Cités) !

Les fermes urbaines viennent modifier les représentations de l’agriculture par son rapport avec le sol. En effet, l’agriculture en ville va chercher à exploiter une multitude d’espaces disponibles. Selon le CERDD (Centre de ressources du développement durable), il en existe six types différents :

-les fermes périurbaines, qui pratiquent une agriculture classique [fonction de production]

-l’agriculture non professionnelle collective, qui jardinent des espaces de jardins familiaux et partagés, profitant des espaces disponibles en centre-ville (terrains vagues, jardins publics, terrains municipaux ou privés…), créant un espace ouvert à tous où il est possible de cultiver fleurs, fruits et légumes et déposer son compost… Ces espaces ont une valeur récréative également.

l’agriculture non professionnelle à l’échelle individuelle, plutôt sous forme de potagers sur balcon, ou terrasses… [fonctions nourricières et de loisirs].

l’agriculture professionnelle sociale et solidaire au service d’une cause sociale de réinsertion par le travail manuel de la terre ou de sensibilisation à l’écologie et à la biodiversité. [fonctions de production, d’insertion, de sensibilisation].

-l’agriculture servicielle, est l’élevage d’animaux sur des petits espaces : ruches, poulaillers dans les jardins/ terrasses d’entreprises), l’éco-pâturage en ville [fonctions de sensibilisation et d’introduction de la nature en ville]. 

« Toutes les expériences de jardins productifs urbains ne répondent pas à la même dynamique, ont indiqué au CNRS la sociologue Laurence Granchamp
et la géographe Sandrine Glatron. Cela peut aller du simple loisir à une réelle activité commerciale, en passant par un projet visant à restaurer du lien social ».

Circuits courts et alimentation durable !

Selon l’ADEME, la question fondamentale de l’agriculture urbaine est de répondre aux besoins des citadins pour s’approvisionner en produits sains, savoureux et riches en éléments nutritifs. L’alimentation durable est donc un levier incontournable pour relever le défi de la transition écologique, à petite et grande échelle. La limitation du gaspillage alimentaire en tout point de la chaîne n’est pas reste (production, transformation, distribution, consommation).

Le circuit court est un mode de distribution des produits agricoles du producteur au consommateur, avec au maximum, 1 intermédiaire et favorise une agriculture de proximité :

Enfin, il existe d’autres solutions pour soutenir les projets d’agriculture,

> par des campagnes de financement participatif, du type Crowdfarming : en adoptant un arbre, un animal ou une parcelle de potager, vous recevez des produits frais directement du producteur et soutenez ainsi les petits producteurs,

> contribuer au mouvement “Terre de liens” pour enrayer la disparition des terres et de faciliter l’accès au foncier agricole pour de nouvelles installations paysannes,