Éco-conseillère à l’ONU : Pamela, au service des populations mauriciennes

8 Sep 2026

À la fin des années 80, une jeune Mauricienne arrive à Strasbourg pour ses études. Après un master en physiologie végétale, elle intègre la 3ᵉ promotion du Mastère Spécialisé® Éco-conseiller. Cette expérience fait naître une prise de conscience et une envie profonde de mettre ses compétences d’éco-conseillère au service du développement et de la transition écologique de son pays.

Près de 30 ans plus tard, Pamela est coordinatrice pour l’île Maurice du Programme de microfinancements du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) des Nations Unies.

Découvrez son parcours, son poste au sein des Nations Unies, sa posture d’éco-conseillère et les projets à impact qu’elle a accompagnés.

Racontez-moi votre parcours : comment êtes-vous devenue éco-conseillère ?

J’ai quitté l’île Maurice à 18 ans pour venir faire mes études en France, à l’Université de Strasbourg. J’ai obtenu une licence en biochimie, puis un master en physiologie végétale. Pendant mon master, je me suis rapprochée de la cellule d’orientation de l’université car je m’interrogeais sur les débouchés professionnels qui pourraient correspondre à mon profil.

C’est elle qui m’a orientée vers le Mastère Spécialisé® Éco-conseiller, notamment en raison de ma sensibilité aux questions environnementales. Après un premier échec d’admission, j’ai finalement été retenue parmi 150 candidats pour intégrer la 3ᵉ promotion à ma deuxième tentative. Je garde un excellent souvenir de cette formation, à la fois très intense, conviviale et riche grâce à la diversité des profils d’étudiants, des intervenantes et intervenants professionnels.

Durant mon stage au Conseil de l’Europe, j’ai découvert concrètement le fonctionnement des institutions internationales et les mécanismes du lobbying. Cette expérience a été un véritable déclic : elle m’a permis de comprendre que je souhaitais évoluer dans cet environnement professionnel.

Comment vous êtes-vous retrouvée à travailler pour les Nations Unies ?

Après avoir travaillé quelques mois pour ECO-Conseil, j’ai eu l’opportunité de poursuivre mon parcours à Genève, au sein de l’Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (UNITAR). J’y suis restée deux ans, au sein d’un département consacré à la gestion des déchets et des produits chimiques, avec un travail principalement axé sur les pays d’Afrique francophone. Cette expérience internationale était importante pour moi, mais j’avais toujours en tête l’idée de revenir un jour à l’île Maurice.

L’opportunité s’est finalement présentée lorsqu’un programme consacré à la gestion des déchets s’est ouvert à l’île Maurice. L’objectif était notamment d’accompagner les pays africains afin qu’ils puissent respecter les conventions liées à l’importation et à la gestion des déchets. Le projet me plaisait et faisait écho à mon parcours. J’ai donc décidé de rentrer à l’île Maurice, avec mon nouveau-né et enceinte de mon deuxième enfant, pour commencer cette nouvelle aventure professionnelle.

Mais cela ne s’est pas passé comme prévu…

Non, effectivement ! À mon arrivée à Maurice, j’ai finalement appris qu’en raison du contexte électoral, le programme pour lequel j’étais rentrée ne pourrait pas être lancé. Je me suis alors retrouvée face à deux possibilités : repartir à Genève ou chercher une autre opportunité sur place. J’ai choisi la deuxième option et je me suis rapprochée du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Et là, le hasard a bien fait les choses ! La personne qui coordonnait alors le programme de microfinancements du Fonds pour l’Environnement Mondial allait prendre un autre poste et ils recherchaient donc quelqu’un pour lui succéder.

J’ai commencé comme consultante puis ai été recrutée comme coordinatrice du programme en mars 1998. Depuis, je n’ai plus quitté ce poste : cela fait près de 30 ans que je coordonne ce programme à l’île Maurice.

Femmes de dos avec un polo blanc. Texte sur le polo ainsi que le logo du small grants programme, GEF et des nations unis

Et qu’est-ce donc que le Programme des Nations Unies pour le développement ?

Dans les pays qui sont « plus développés », on va dire, on ne connaît pas très bien les Nations Unies. Beaucoup les voient juste comme un gros bâtiment à New York, où l’on discute, où l’on adopte des conventions et où l’on organise des réunions à longueur de journée. En réalité, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) possède le plus grand réseau extérieur des Nations Unies et est présent dans la grande majorité des pays en développement.

Dans chacun de ces pays, le PNUD dispose d’une représentation chargée d’accompagner le gouvernement dans ses efforts de développement. Son rôle est de contribuer à l’amélioration du développement humain dans toutes ses dimensions : économique, sociale et environnementale, notamment à travers la lutte contre la pauvreté, le renforcement de la gouvernance, la protection de l’environnement et l’adaptation au changement climatique.

Un représentant résident du PNUD dirige cette présence dans le pays et représente l’organisation auprès des autorités nationales et de ses différents partenaires.

Sur quels enjeux le PNUD intervient-il à l’île Maurice ?

Les actions du Programme des Nations Unies pour le développement sont toujours adaptées aux priorités nationales : dans chaque pays, il met l’accent sur les besoins spécifiques du territoire. À l’île Maurice, ses interventions sont définies en fonction des enjeux propres au contexte national.

Aujourd’hui, nous n’avons plus d’extrême pauvreté sur le territoire, donc notre action sur cet enjeu a beaucoup diminué. En revanche, nous sommes beaucoup sur le développement durable. Le pays a une biodiversité extraordinaire, mais très fragile et très impactée par le changement climatique. L’industrialisation et le développement de nombreuses activités économiques sur le territoire exercent également une forte pression sur les écosystèmes, avec des conséquences notamment en matière de pollution et de perte de biodiversité.

Ce sont donc sur ces thématiques qu’intervient le PNUD à l’île Maurice, toujours en les croisant avec les enjeux de justice sociale et de développement humain.

Quel rôle avez-vous au sein de ce programme ?

Je suis coordinatrice du programme de microfinancement du PNUD de l’île Maurice.

Ce programme est né à la suite de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable, à Rio en 1992, et il s’est implanté à l’île Maurice en 1995. Lorsque je l’ai rejoint en 1997, j’en suis devenue la troisième coordinatrice.

Ce programme est issu du Fonds pour l’Environnement Mondial, un mécanisme international de financement qui, à l’origine, s’adressait principalement aux gouvernements et au secteur privé. Grâce notamment au lobbying de la société civile et des ONG, son champ d’action s’est élargi pour permettre le financement direct d’initiatives citoyennes. C’est ainsi qu’est né un programme de microfinancements dédié à la société civile et aux ONG environnementales.
Aujourd’hui, nous pouvons financer de 75 000 à 150 000 dollars par projet, avec l’objectif d’encourager également les bénéficiaires à mobiliser des cofinancements, en espèces ou en nature.

femme habillée d'une robe posant pour l'objectif avec le drapeau des nations unis en fond

Quel type de projet finance ce fonds de microfinancement du PNUD ?

Il faut que ce soit des projets qui concernent les enjeux de transition écologique, d’adaptation aux changements climatiques et de protection de l’environnement. À l’île Maurice, il y a beaucoup de projets en lien avec :

  • la conservation de la biodiversité terrestre et marine et la protection des espèces menacées ;
  • les projets qui concernent la pollution des eaux internationales, donc tout ce qui est rivière, mer, océan ;
  • tous les projets qui concernent la restauration durable des forêts ;
  • la dégradation des sols et l’érosion ;
  • tout ce qui concerne les produits chimiques et les déchets plastiques.

Chaque projet doit également répondre à des enjeux économiques et sociaux, intégrer des populations vulnérables, la dimension de genre et pouvoir soutenir les jeunes.

Donc l’aspect environnemental n’est pas le seul critère ?

En effet. Le programme comporte également une dimension sociale extrêmement forte. En soutenant des ONG qui travaillent sur la protection des oiseaux, la préservation des forêts, la lutte contre la pollution des eaux ou encore l’adaptation au changement climatique, on agit certes en faveur de l’environnement, mais on contribue aussi à créer des activités, des emplois et des sources de revenus pour les communautés locales.

En somme, chaque projet doit répondre à un enjeu environnemental tout en proposant des solutions transversales, capables de produire des bénéfices à la fois pour les écosystèmes et pour les populations.

Cette approche correspond pleinement à ma vision d’éco-conseillère : ne jamais dissocier les enjeux environnementaux des réalités sociales et économiques des populations. C’est précisément cette convergence qui rend ce poste particulièrement cohérent avec mon parcours et ma manière d’envisager le développement durable.

Concrètement, quelles sont vos missions de coordinatrice nationale ?

Mon travail consiste d’abord à identifier des projets qui correspondent aux priorités et aux critères de notre programme de financements. Nous les co-construisons ensuite avec les structures locales afin de faire émerger des projets solides, adaptés aux réalités du terrain et capables d’avoir un véritable impact sur le territoire.

Chaque projet doit ainsi tenir compte des spécificités locales tout en s’inscrivant dans une stratégie nationale plus large. Et cette dynamique nationale fait elle-même partie d’un programme mondial, porté par un réseau de coordinateurs nationaux présents dans 127 pays.

À l’échelle internationale, le Programme de microfinancements du PNUD a ainsi soutenu près de 36 000 communautés au cours des trente dernières années. Cette articulation entre le local, le national et l’international est l’une des grandes forces du programme.

Tous les coordinateurs nationaux sont des locaux, qui ont une connaissance approfondie des enjeux de leur pays, en particulier les enjeux environnementaux. Ils connaissent aussi très bien leur milieu associatif, afin de s’assurer que nous finançons des ONG fiables et réellement actives sur le terrain. Mon métier comprend donc une grande partie d’investigation pour m’assurer de la fiabilité des bénéficiaires éventuels.

Nous entretenons des relations avec d’autres bailleurs ainsi qu’avec le secteur privé et les autorités locales qui peuvent cofinancer des projets, pour nous assurer qu’il n’y ait pas de malversations et que les projets répondent réellement aux enjeux du territoire.

femme a robe à motifs bleus qui parle à un micro sur une scène devant une affiche avec le logo MPS : Mauritius prison service

Vous avez aussi un rôle dans la sélection des différents projets à financer ?

Mon rôle n’est pas de sélectionner les projets, mais de faire une présélection via des appels à projets. Les projets sont ensuite sélectionnés sur la base de critères structurés autour de la stratégie nationale par un comité de pilotage indépendant constitué d’experts volontaires. Renouvelée tous les quatre ans, cette stratégie va décider de mettre l’accent sur tel ou tel enjeu, comme l’agroécologie, la pêche durable, l’innovation ou les déchets plastiques.
Cela nous permet de définir des critères de sélection clairs et de retenir les projets qui répondent le mieux aux enjeux et aux besoins du pays.

Il y a aussi toute la question de l’impact local et global réel du projet. Avant ma présélection, je vais régulièrement faire appel à des experts qui m’éclairent sur les aspects techniques du projet et sa viabilité. Par exemple, en ce moment, je travaille sur un projet de traçabilité des pesticides. C’est l’un des derniers projets qu’on a financés pour une association de consommateurs. Je connais les enjeux des pesticides et je comprends les enjeux de la traçabilité. En revanche, je ne suis pas informaticienne, et c’est justement là que ma posture d’éco-conseillère prend tout son sens.

Comme toute bonne éco-conseillère, je vais mobiliser des spécialistes, des techniciens et de l’assistance technique pour nous accompagner. Leur rôle est de nous aider à mieux comprendre les aspects les plus techniques du projet et à mettre en œuvre les solutions les plus adaptées.

Auriez-vous des exemples de quelques projets financés qui vous ont particulièrement marquée ?

Projet secret Grand-Mère

Oui, bien sûr, j’en ai beaucoup ! Je peux notamment citer le projet d’un groupe de femmes qui avaient toutes perdu leur emploi dans le secteur du textile et qui avaient répondu à mon appel à projets.

Je suis allée à leur rencontre dans une petite école maternelle où leurs enfants étaient scolarisés. Nous nous sommes assises ensemble et avons réfléchi à ce qu’elles pourraient faire. Elles avaient une très bonne connaissance des plantes médicinales, un savoir transmis de génération en génération. Leur première idée était de produire et de vendre des plantes en pot. Mais mon rôle ne consiste pas seulement à financer une idée : il est de les accompagner pour qu’elle devienne un véritable projet de développement, viable économiquement et adapté au territoire.

Le Mastère Spécialisé® Éco-conseiller m’a aidée dans cette démarche. Dès le départ, je réfléchis aux impacts environnementaux, à la façon de les limiter, aux solutions durables que l’on peut mettre en place. Toute cette expertise est mise au service des communautés que j’accompagne.

Je leur ai donc proposé de transformer leurs plantes médicinales en tisanes, avec un produit qui pouvait être vendu dans les supermarchés, sur les marchés et les foires. Nous avons ensuite travaillé sur toute la chaîne : la production, la déshydratation, la marque, le packaging et la commercialisation. Nous avons mobilisé plusieurs partenaires et financements, notamment pour installer un déshydrateur et créer une pépinière sur le toit de l’école. Des techniciens du ministère de l’Agriculture les ont également accompagnées dans la culture sans produits chimiques sur plusieurs terrains.

Le projet a très bien fonctionné. Nous les avons ensuite aidés en 2018 à aller plus loin en installant 48 panneaux solaires afin de produire leur propre électricité et de revendre le surplus. Aujourd’hui, elles distribuent leurs tisanes dans une quarantaine de supermarchés à l’île Maurice et exportent leurs produits dans huit pays.

Mais pour moi, la plus belle réussite est encore ailleurs. Au-delà de la conservation de la biodiversité, du recours aux énergies renouvelables et de la préservation d’un savoir-faire traditionnel, ce projet a profondément transformé la vie de ces femmes. Elles sont aujourd’hui autonomes et travaillent au sein de l’entreprise secret Grands-Mère. Certaines avaient vécu des situations de violences conjugales ; aujourd’hui, elles prennent la parole en public, voyagent et transmettent à leur tour leur savoir-faire.

Tout est parti d’un échange sur le terrain, et cette idée est devenue une véritable entreprise durable qui a transformé leur vie.

3 femmes mauriciennes en blouse blanche debout devant une table de plantes séchées tenant dans leur mains des sachets de leur plantes médicinales en tisanes, de leur marque secret grand-mère

Projet ONG Marine Megafauna Conservation Organisation

Un autre projet qui me tient particulièrement à cœur concerne les dauphins de la baie de Tamarin.

Nous avions identifié une population d’une centaine de dauphins résidents, qui reviennent régulièrement dans la baie pour se reposer, se reproduire ou dormir. Or, avec le développement du tourisme, de nombreux bateaux venaient les observer, voire proposaient aux visiteurs de nager avec eux, précisément pendant leur période de repos. Il pouvait parfois y avoir une quinzaine ou une vingtaine de bateaux autour d’eux.

Nous avons donc financé un premier projet avec une ONG, la Marine Megafauna Conservation Organisition (MMCO), pour mieux connaître cette population grâce à la photo-identification. Elle a pu répertorier les individus, suivre leur évolution et mieux comprendre leurs habitudes. Ces données scientifiques nous ont ensuite permis de sensibiliser les autorités et de plaider pour un meilleur encadrement des activités touristiques.

En 2012, une loi a finalement été adoptée pour réglementer ces pratiques et mieux protéger les dauphins. J’en suis particulièrement fière, car j’ai pu porter ce message auprès du ministre en tant que représentante du PMF/FEM du PNUD, et contribuer à faire adopter cette loi.

Tourism Authority (Dolphin and Whale Watching) Regulations 2012

Nous avons depuis élargi cette démarche aux baleines, avec un nouveau projet de recensement et de sensibilisation.

Avec nos partenaires, nous avons notamment créé une vidéo de 52 secondes diffusée sur les vols internationaux d’Air Mauritius, juste avant l’atterrissage, pour expliquer aux visiteurs les bons comportements à adopter. Des messages sont également diffusés à l’aéroport et des bandes dessinées ont été créées pour sensibiliser les enfants et le grand public.

Pour moi, c’est exactement le rôle de ce type de programme : partir de la réalité du terrain, produire des connaissances, mobiliser les communautés et les décideurs, puis transformer ces actions en changements concrets.

La protection de la biodiversité passe par la réglementation, mais aussi par l’éducation et l’évolution des comportements.

groupe d'adulte écoutant une représentante du PNUD de l'île Maurice dans un bateau à quai

Après 29 ans en poste, j’imagine que les enjeux de l’île Maurice ont dû évoluer ?

Oui, effectivement, les enjeux environnementaux n’étaient pas les mêmes à l’époque. Les professionnel·les de l’environnement étaient encore très peu écoutés. L’environnement et le développement durable n’étaient pas vraiment des sujets pour les responsables politiques : il y avait donc un énorme travail de sensibilisation à mener.

J’ai moi-même organisé des sessions dans les entreprises et les écoles pour expliquer les défis environnementaux auxquels l’île Maurice était confrontée. Je les appelais « Le nez dans la poubelle ». J’arrivais avec une poubelle représentative de celle d’un foyer et je sortais chaque déchet pour expliquer d’où il venait, où il finissait et les problèmes qu’il pouvait engendrer. À l’époque, il n’y avait même pas de déchetteries à l’île Maurice. Aujourd’hui, elles existent.

En parallèle, j’ai commencé à travailler avec des ONG très engagées, qui montaient au créneau pour s’opposer à des projets d’aménagement susceptibles de menacer des espaces naturels. Je leur ai montré qu’il était possible d’aller au-delà de la mobilisation avec une pancarte à la main : elles pouvaient aussi produire des données, sensibiliser, porter des projets et contribuer autrement à faire évoluer les politiques publiques.
Ces ONG sont ainsi progressivement devenues des bénéficiaires de mon programme.

Et ce travail de sensibilisation et de co-construction a-t-il porté ses fruits ?

En près de 30 ans, j’ai vu la société civile mauricienne monter en puissance et s’approprier ses enjeux environnementaux. Je pense humblement que notre programme y a contribué.

Les politiques publiques ont également beaucoup évolué, avec les Objectifs du Millénaire pour le développement, puis les Objectifs de développement durable à partir de 2015. Aujourd’hui, l’environnement est davantage pris en compte dans les décisions publiques et l’île Maurice dispose d’un cadre réglementaire de plus en plus important, notamment avec l’introduction récente d’une loi sur l’écocide.

Mais les défis restent nombreux.
La pollution plastique, la gestion des déchets et la préservation des zones humides, fortement menacées par la bétonisation, l’érosion côtière et la dépendance aux énergies fossiles restent des enjeux majeurs. Il faut donc continuer à sensibiliser, à accompagner les acteurs et à faire évoluer les pratiques. Le travail est loin d’être terminé.

Après près de 30 ans à la tête de ce programme, comment envisagez-vous la suite ?

La retraite ! Je vais prendre ma retraite l’année prochaine, mais pas avant de voir naître les sept nouveaux projets qui viennent d’être approuvés. À chaque fois, je dis que ce sont les meilleurs projets… mais chaque projet est un peu mon bébé.

Il y en a un qui me tient particulièrement à cœur : celui que nous venons de financer sur la traçabilité digitalisée des pesticides. Je vais tout faire pour être présente et l’accompagner jusqu’au bout, au moins jusqu’à ce que quelqu’un prenne le relais.

Dans ma deuxième vie, j’ai envie de faire plein de choses. J’ai envie de prendre plus de temps pour moi, de me consacrer à nouveau à la peinture, à la musique, à la danse, à toutes ces choses que j’ai envie de faire et que j’ai un peu mises de côté pendant toutes ces années.

Mais il y a une chose que je n’ai jamais mise de côté, c’est le fait que je sois éco-conseillère.
Sur mes cartes de visite et dans ma signature mail, j’ai toujours tenu à garder la mention « Éco-conseillère » avant même celle de Coordinatrice nationale du programme.
C’est un rôle, une posture et une vision auxquels je tiens beaucoup.

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